Démystifier les mythes : Les « Secrets » de la pêche à la traîne

J’entends ou je vois souvent cette question posée sur les médias sociaux ou sur les forums de pêche : « À quelle vitesse de traîne doit-on pêcher pour telle ou telle espèce? » Je pense que la réponse n’est pas aussi simple que la question!!! En fait, selon moi, la question est mal posée dans le sens où elle ne se base pas sur le bon postulat de départ.

Après plusieurs années de tests et d’expérimentations, il m’apparait clair que la vitesse de traîne ne se détermine pas en fonction d’une espèce donnée mais plutôt selon le type de leurre utilisé et en fonction de certains paramètres que je vais tenter de résumer ici.

– La présentation d’un leurre en fonction de son type et de son poids

Chaque leurre a une vitesse optimale de présentation. Cependant, certains types de leurre permettent un large éventail de vitesse possible, alors que d’autres ont une fenêtre de vitesse très limitée. Habituellement, plus le leurre est lourd, plus sa fenêtre de possibilité de vitesse va être étendue. Généralement, le point de démarcation entre une présentation optimale à la vitesse optimale pour un leurre donné est le moment ou ce leurre perd son pouvoir attractif en devenant inactif ou en décrivant des mouvements trop erratiques et non naturels.

type leurre

Conseil :

Pour trouver la vitesse optimale de présentation d’un leurre, installez votre leurre au bout de votre canne et mettez le dans l’eau à côté de votre embarcation, il faut que le leurre soit complètement submergé, ensuite, essayez différentes vitesses de traîne et vous pourrez ainsi observer les différents mouvements de votre leurre en fonction des différentes vitesses.

– La température de l’eau et la température préférentielle de l’espèce visée

Certains leurres qui ont un éventail plus large de vitesse peuvent donc être utilisés à différentes vitesses de traîne. C’est avec ce type de leurres qu’entre en ligne de compte un autre paramètre qu’est la température de l’eau versus la température préférentielle de l’espèce pêchée. En effet, il faut savoir que la température de l’eau va jouer sur la « volonté » de l’espèce visée à attaquer vos leurres ou non et ce même si la présentation de votre leurre n’est pas optimale en termes de vitesse.

Temp préférentielles

Conseil :

Recherchez la profondeur ou se situe la température préférentielle de l’espèce visée et présentez vos leurres dans cette zone de profondeur en variant votre vitesse de traîne. Vous pouvez utiliser votre embarcation pour décrire des « S » ce qui fera augmenter la vitesse de présentation d’un leurre situé sur un côté du bateau et diminuer la vitesse du leurre présenté sur l’autre côté de l’embarcation.

– Les conditions météorologiques, climatiques et saisonnières en fonction de l’activité du poisson et de son régime alimentaire

Il est indéniable que certaines conditions météorologiques momentanées, certaines conditions climatiques ponctuelles ou encore certaines conditions saisonnières récurrentes peuvent jouer un rôle important sur « l’humeur » du poisson. Il devient donc important d’ajuster la vitesse de présentation de vos leurres en fonction des ces conditions. Ainsi, vous ne pêcherez pas à la même vitesse de traîne avec le même leurre en été à forte profondeur que durant le printemps ou l’automne à faible profondeur. Il faut aussi considérer l’activité du poisson et sa concentration non seulement en fonction du temps de la journée mais aussi en fonction du temps de l’année.

De façon générale, je dirai que plus l’espèce ciblée est profonde et/ou dispersée, plus il est important de bien contrôler sa présentation et d’utiliser des leurres à faible éventail de vitesse. Dans ces conditions, il devient important de reproduire le plus fidèlement possible le comportement et l’action naturelle de ce que votre leurre imite. Cela permet d’ajouter une dimension supplémentaire à la perspective de proposer de la nourriture à l’espèce visée, c’est aussi de provoquer chez elle un réflexe d’instinct mémoriel de prédation et d’alimentation, une dimension « aguicheuse » et « séductrice » qui pourrait tenter l’espèce visée même si celle-ci n’est pas en mode de recherche alimentaire.

À l’inverse, lorsque l’espèce visée est active et/ou en forte concentration sur une faible superficie elle est alors en période de frénésie alimentaire et elle se retrouve souvent en compétition directe pour la nourriture. Dans ce cas, il vaut mieux présenter des leurres avec un plus grand éventail de vitesse de traîne et pêcher plus vite pour diminuer le temps de réaction et de « réflexion » de l’espèce ciblée. Il n’est plus question de chercher à effectuer une présentation subtile, il faut travailler avec des leurres voyants et bruyants à vitesse maximale et optimale de vos leurres pour ajouter à votre présentation une dimension agressive qui peut réveiller un réflexe inné de compétition alimentaire et un instinct « d’exaspération » et de prédation de la part de l’espèce visée.

Pression atmosphérique

Conseils :

Avant une sortie de pêche, vérifiez des paramètres tels que pression atmosphérique prévue versus pression atmosphérique de la veille, variations de température de l’air durant la journée, luminosité et alternance soleil-nuage, tables solunaires avec périodes majeures et mineures pour les grands plans d’eau, période de frénésie alimentaire en fonction de l’espèce visée.

Pendant la sortie de pêche, sachez vous adaptez rapidement en fonction de l’activité et de «  l’humeur » du poisson. Variez vos vitesses de présentations avec des leurres à large éventail de vitesse de traîne ou alors précisez votre présentation avec des leurres à faible éventail de vitesse de traîne.

phases lunaires

En conclusion, je reviendrai avec le fait qu’il n’y a pas de recettes spécifiques et miraculeuses pour la vitesse de traîne mais il faut savoir garder en tête un ensemble de paramètres importants, rester alerte et attentif afin de les combiner en fonction des conditions de la journée et des observations faites sur le moment et s’imposer une rigueur dans la préparation et la documentation sur l’espèce visée et sur le plan d’eau choisi.

En espérant que cet article vous sera utile pour votre prochaine saison de pêche afin que celle-ci soit remplie de nouvelles expériences enrichissantes et de belles captures.

Écrit par :

Bruno Mayot
Lomechuse guide de pêche aux salmonidés
Lac Memphrémagog (été – hiver)
Rivières du lac Ontario (automne – printemps)
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www.lomechuse.com
info@lomechuse.com

Démystifier les mythes : Les types d’ensemencement

Quand vient le temps de parler d’ensemencement de poissons, les opinions peuvent être partagées. Généralement, le pêcheur, qui est en nous, considère l’ensemencement comme un apport supplémentaire à l’offre de pêche, une mise en valeur d’un plan d’eau. Le biologiste, lui, y verra plutôt un moyen de conservation des espèces, un support à l’aspect biologique et écologique d’un écosystème. Voici un court article qui vous détaillera les types d’ensemencement qui existent et leurs objectifs et buts.

On distingue deux grands types d’ensemencement. Les ensemencements de conservation ont pour but le repeuplement d’un milieu aquatique et les ensemencements de mise en valeur ont pour objectif d’augmenter l’offre et la qualité de pêche d’un plan d’eau.

Les ensemencements de conservation :

Ce type d’ensemencement est principalement assuré par les instances gouvernementales (ministère) et para-gouvernementales (Aire Faunique Communautaire)

Selon le Ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs du Québec : « Ils visent à repeupler un milieu aquatique dans lequel une population de poisson a été gravement bouleversée par une perturbation, une détérioration ou une destruction de son habitat, une surexploitation de la pêche, le déversement de produits toxiques ou l’introduction d’espèces compétitrices ou prédatrices. »

Pour le bon fonctionnement de ce type d’ensemencement, il est donc important que la cause du bouleversement soit bien identifiée et que les mesures correctives nécessaires soient apportées afin de remédier et corriger la situation. Alors, seulement, l’ensemencement de conservation peut être appliqué.

Il existe 3 modes d’ensemencement de conservation :

  • L’ensemencement de sauvegarde qui a pour but d’empêcher la disparation d’une espèce ou d’une population de poisson. Il s’applique notamment lorsque le nombre de reproducteurs est rendu trop faible pour subvenir d’eux-mêmes au rétablissement de la population. Exemple : les ensemencements de chevaliers cuivrés dans la rivière Richelieu.

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  • L’ensemencement de repeuplement a pour objectif de rétablir une population dans un laps de temps spécifique afin de revenir au niveau d’individu présent dans la population avant le bouleversement et qui permettait le maintien de la population sans apport extérieur. Exemple : L’ensemencement de truites grises d’une génétique particulière et spécifique d’un plan d’eau.
  • L’ensemencement de réintroduction a le même but que l’ensemencement de repeuplement sauf que la population originelle n’existe plus mais sa niche écologique est encore disponible. Le but final reste également que la population se maintienne sans apport extérieur. Exemple : les ensemencements de bar rayés dans le fleuve Saint Laurent.

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Les ensemencements de mise en valeur :

Ce type d’ensemencement est principalement utilisé par les organismes de gestion locaux tels que les clubs et associations de pêche, les pourvoiries, les zones d’exploitation contrôlée (ZEC), etc..

Il existe 4 modes d’ensemencement de mise en valeur :

  • L’ensemencement d’introduction sert à l’établissement d’une espèce qui, historiquement, n’a jamais été présente dans un plan d’eau. Exemple : l’ensemencement de truites brunes, truites arc-en-ciel ou encore d’omble moulac.
  • L’ensemencement de soutien vise à augmenter ou maintenir une population viable mais dont l’habitat déficient ou la pression de pêche trop importante limite son développement et/ou son maintien à un niveau suffisant pour offrir une qualité de pêche sportive acceptable. Exemple : les ensemencements de ouananiches au lac Memphrémagog.

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  • L’ensemencement de dépôt-retrait sert uniquement à satisfaire une offre de pêche sportive à court terme afin d’offrir, dans un laps de temps donné, aux pêcheurs la possibilité de prélever des poissons de taille intéressante pour la consommation. Le plan d’eau dans lequel est effectué cet ensemencement ne permet pas forcement d’assurer la survie et la croissance de l’espèce ensemencée. Exemple : les ensemencements effectués pour la Fête de la pêche dans certains petits plans d’eau.

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  • L’ensemencement de dépôt-croissance-retrait sert à proposer une activité de pêche sportive à moyen terme. Les poissons ensemencés peuvent vivre, se développer et croître dans le plan d’eau avant d’être prélevés par les pêcheurs pour la consommation. Exemple : les ensemencements effectués par la majorité des associations et clubs de pêche.

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Ainsi, comme vous pouvez le constater, il existe tout de même une multitude de possibilité d’ensemencement. J’espère que cet article vous permettra de mieux comprendre certains ensemencements effectués et leur but avéré. J’espère aussi que cet article pourra aider les gestionnaires de milieu aquatique dans leurs décisions d’ensemencement en fonction de l’espèce, le plan d’eau (l’habitat) et l’objectif de l’ensemencement.

Si, à la lecture de cet article, certaines questions demeurent en suspens, n’hésitez pas à me contacter, il me fera plaisir de vous renseigner dans la mesure de mes connaissances.

Aussi, il existe deux documents publiés par le MFFP qui traitent plus en profondeur des ensemencements, des risques qu’ils comportent et des étapes préalables à l’ensemencement. Ces deux documents sont des aides précieuses à la prise de décision :
http://www.mffp.gouv.qc.ca/faune/peche/ensemencement/pdf/outils-aide/info-generale.pdf

https://www.mffp.gouv.qc.ca/faune/peche/ensemencement/pdf/lignes-directrices-ensemencements.pdf

Bruno Mayot
Lomechuse guide de pêche aux salmonidés
Lac Memphrémagog (été et hiver)
Rivières du lac Ontario (printemps et automne)
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Démystifier les mythes : la couleur d’un leurre

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Pourquoi les grandes étendues d’eau (mer, océan, grands lacs) sont-ils de couleur bleu ou de variante de bleu à vert ? Pourtant, lorsqu’on met un peu de cette eau dans un verre transparent, cette eau ne semble avoir aucune couleur à nos yeux…..

C’est une question de perception visuelle du spectre lumineux. Le spectre de la lumière représente l’ensemble des rayonnements des ondes monochromatiques de la lumière. Une partie du spectre est de l’ordre du visible et une autre partie de l’ordre de l’invisible à l’œil humain. Le spectre s’étend de l’infrarouge à l’ultraviolet, les deux sont invisibles à l’œil nu. Cependant, entre ces deux extrêmes, on retrouve toute la gamme de couleur visible.

spectre lumineux

 

spectre lumineux

Bon, tout ça c’est bien mais ça ne répond pas directement à la question initiale. Pourquoi les grandes étendues d’eau nous apparaissent de couleur bleu ? Et bien, c’est simplement que la couleur d’eau perçue correspond, en fait, à la dernière longueur d’onde absorbée par l’eau. Parce que les grandes ondes (rouge) sont absorbées ou bloquées plus rapidement par l’eau que les ondes courtes (bleu), alors la perception des couleurs se trouve changée et altéré au fur et à mesure que l’on descend en profondeur dans l’eau. Ainsi, l’eau nous apparait bleue car toutes les autres couleurs sont absorbées par l’eau au fur et à mesure que l’on descend en profondeur. La dernière couleur absorbée par l’eau (et qui est donc réfléchie par l’eau) est donc la couleur que nous percevons quand nous observons une étendue d’eau.

Donc, on peut en déduire que la dernière couleur visible dans l’eau, plus on descend en profondeur, est le bleu. Ceci explique pourquoi la couleur préférentielle pour pêcher les poissons en profondeur est le bleu. En fait, c’est un peu plus compliqué que cela. Comme les couleurs sont associées à un spectre d’onde, un leurre de couleur jaune, par exemple, apparaitra jaune au poisson en faible profondeur. Mais, au fur et à mesure que l’on descendra en profondeur dans l’eau et que le spectre de la lumière sera absorbé ou bloqué par l’eau, alors votre leurre perdra graduellement sa couleur jusqu’à devenir invisible. Voici un schéma, tiré d’un article intéressant en anglais sur la couleur des leurres justement, qui explique simplement le concept :

couleur leurre
Tiré de : http://www.fix.com/blog/view-from-below-lures-underwater/

De plus, certaines étendues d’eau peuvent avoir des propriétés différentes d’absorption du spectre lumineux en fonction des particules fines et solubles présentes dans l’eau. Ce sont ces particules fines et solubles qui influencent la couleur de l’eau : eau brouillée en période de crue des eaux, eau teintée, etc… Dans ce cas, ce n’est plus tellement la couleur du leurre qui compte mais les effets de contrastes. Comme on dit souvent, temps clair, leurre clair et temps sombre, leurre sombre !!! Ainsi, dans une eau fortement teintée ou brouillée, on ne peut lutter avec un leurre vraiment lumineux, il vaut mieux jouer sur les contrastes et proposer un leurre plus sombre que la turbidité de l’eau.

Si on revient à des eaux « normales » (sans turbidité), un moyen simple d’éviter de voir votre leurre disparaitre au fur et à mesure que vous le descendez en profondeur, c’est d’utiliser des leurres phosphorescents (Glow in the dark). Ces leurres ont la possibilité d’accumuler les ondes lumineuses et de les relâcher en situation de faible luminosité ou de noirceur totale. Je ne m’étendrai pas sur le phénomène physique que cela implique. Pour ceux que cela intéresse, je vous réfèrerai à Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Luminescence

Ainsi, selon moi, il n’y a pas vraiment de couleur de leurre préférentielle pour tel ou tel espèce de poisson. La couleur du leurre sera à choisir en fonction de plusieurs facteurs tels que les conditions météorologiques du moment, la turbidité de l’eau et la couche d’eau que vous voulez exploiter.

Pour les personnes qui ne craignent pas de lire la langue de Shakespeare, je vous invite à compléter cet article avec la lecture de celui-ci : http://www.fix.com/blog/view-from-below-lures-underwater/

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me contacter, il me fera plaisir de tenter de vous répondre dans la mesure de mes connaissances et expériences.

Écrit par :

Bruno Mayot
Lomechuse guide de pêche aux salmonidés
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Démystifier les mythes : Les principaux salmonidés et leur origine (Partie 2)

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Si vous vous souvenez, la première partie de l’article traitait des deux autres genres de salmonidés : les corégones et les ombles. Également, si vous avez bien lu l’article précédent, vous devez vous souvenir que le terme de truite est un terme générique vernaculaire qui est utilisé dans un sens très large mais que ce terme ne fait référence, en fait, à aucun genre de la famille des salmonidés.

Nous voici donc maintenant au cœur du problème : les espèces du genre saumon (Salmo pour les espèces de la côte atlantique et Onchorhynchus pour les espèces de la côte pacifique). C’est principalement dans ce genre que bon nombre d’informations fausses ou erronées sont véhiculées.

– Les saumons comptent 1 espèce indigène au Québec et principalement 4 espèces introduites (dont certaines populations sont maintenant considérées naturalisées) : Le saumon atlantique (et sa sous-espèce : la ouananiche), la truite arc-en-ciel, la truite brune, le saumon chinook et le saumon coho.

Le saumon atlantique (Salmo salar) est une espèce anadrome.Lors du retrait des glaciers, il y a environ 12 000 ans, certaines populations se sont retrouvées confinées en eau douce et sont donc devenues exclusivement dulcicoles, ce sont les ouananiches. Cependant, elles continuent d’effectuer une migration, mais celle-ci est de type potamodrome (exclusivement en eau douce). Elles migrent vers les rivières pour frayer et vers les grands lacs d’eau douce pour manger et se développer jusqu’à maturité sexuelle.

ouananiche

La truite arc-en-ciel (Onchorhynchus mykiss) est une espèce introduite au Québec depuis au moins 1 siècle. Au Québec, elle est maintenant considérée comme une espèce exotique envahissante qui serait une des causes de la chute des populations de saumon atlantique en Gaspésie et sur la Côte Nord (ceci pourrait faire l’objet d’un prochain article…). La truite arc-en-ciel est originaire de la côte pacifique où on y retrouve des populations sédentaires et des populations migratrices de type anadrome. Les individus des populations anadromes sont nommés steelhead (tête d’acier) du à leur coloration argentée particulière et leur forme oblongue et fusiforme.

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De nombreuses populations de truite arc-en-ciel sont maintenant considérées acclimatées au Québec. Certaines de ses populations naturalisées sont considérées comme des populations de steelhead car elles effectuent leur migration entre les grands lacs d’eau douce et leurs tributaires. Ainsi, les populations du lac Ontario, du lac Champlain et du lac Memphrémagog sont des versions potamodromes de la steelhead. Selon les études génétiques menées, ce sont majoritairement ces populations qui utilisent le corridor du fleuve Saint-Laurent pour coloniser les rivières à saumon atlantique de la Gaspésie et de la Côte Nord. L Les individus issus de ces populations sont très agressifs, bien adaptés, ultra compétiteurs et aptes à survivre dans des eaux aux températures plus chaudes.

La truite brune (Salmo trutta) est une espèce introduite au Québec. Elle est originaire d’Europe où on y retrouve principalement trois souches. La truite fario (Salmo trutta fario) est la souche sédentaire que l’on retrouve en rivière. La truite de mer (Salmo trutta trutta), est la souche anadrome dont les individus migrent en mer pour se nourrir avant de revenir en rivière pour se reproduire. Enfin, la truite de lac (Salmo trutta lacustris) est la souche potamodrome qui se nourrit en lac et se reproduit en rivière. Je ne saurai dire quelle(s) souche(s) spécifique(s) fut introduite(s) au Québec. Cependant, c’est une espèce considérée comme acclimatée dans des nombreuses rivières et plans d’eau. Elle peut tolérer des températures d’eau élevées. C’est un poisson territorial et majoritairement solitaire.

brune

Le saumon chinook ou King Salmon (Onchorhynchus tshawytscha) est une espèce anadrome originaire de la côte pacifique. Elle a été introduite sur la côte atlantique et notamment au lac Ontario où elle est considérée acclimatée. Ces populations de saumon chinook issues du lac Ontario sont des populations qui se sont adaptées relativement facilement à leur nouvel environnement et qui maintenant effectuent une migration de type potamodrome entre le lac Ontario et ses affluents. Cependant, de part sa nature migratrice, c’est une espèce exploratrice et colonisatrice. À chaque année, plusieurs individus sont pris par des pêcheurs dans le corridor du fleuve Saint-Laurent. Ce sont majoritairement des individus issus des populations introduites dans le lac Ontario.

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Le saumon coho ou saumon argenté (Onchorhynchus kisutch) est une espèce anadrome originaire de la côte pacifique. Comme le saumon chinook, elle a été introduite également au lac Ontario où elle est considérée naturalisée. Les populations acclimatées de saumon coho du lac Ontario effectuent maintenant une migration de type potamodrome entre le lac Ontario et ses affluents, cependant, plusieurs individus s’égarent et se retrouvent également dans le corridor fluvial du Saint-Laurent. D’un point de vue de pêcheur (et d’un point de vue personnel), le saumon coho est le combattant ultime au bout d’une ligne à pêche. Le combat donné par cette espèce est unique et regroupe la puissance, la fougue et l’acrobatie tout en contrôle. Bref, selon moi, ce que j’appelle le meilleur des deux mondes qui combine, à la fois, la puissance et la folie d’un poisson de mer avec l’agilité et le contrôle d’un poisson d’eau douce.

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Voilà, de façon synthétique et succincte, cela fait le tour des principales espèces de salmonidés que l’on peut retrouver sur la côte est de l’Amérique du Nord et au Québec. J’espère que vous aurez eu plaisir à lire cet article et qu’il vous permettra de mieux différencier les espèces de salmonidés.

Sinon, n’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions plus spécifiques ou des incertitudes au sujet des ces espèces.

 

Écrit par :

Bruno Mayot
Lomechuse guide de pêche aux salmonidés
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Démystifier les mythes : Les principaux salmonidés et leur origine (Partie 1)

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Les salmonidés sont une famille d’espèces de poissons que l’on retrouve dans l’hémisphère nord. Les espèces sont principalement réparties entre les deux océans opposés : atlantique et pacifique.

Au Québec, on peut pêcher de nombreuses espèces de salmonidés. Certaines espèces sont indigènes, d’autres sont des espèces introduites. Lorsque ces espèces introduites sont bien établies et que la population se reproduit naturellement, on dit que l’espèce est naturalisée ou acclimatée.

Tout d’abord parmi la famille des salmonidés, il faut distinguer 3 genres différents :

– Les corégones (genre Coregonus)

– Les ombles (genre Salvelinus)

– Les saumons (genre Salmo pour les espèces de l’océan atlantique et le genre Onchorhynchus pour les espèces de l’océan pacifique).

N.B. : le terme de truite est un nom vernaculaire qui permet de désigner plusieurs espèces mais il n’existe pas réellement de genre pour la truite (l’ensemble des espèces appelées truites sont, en fait, des saumons ou des ombles).

Les noms populaires des espèces de salmonidés sont souvent confondants. Par exemple, l’espèce indigène du Québec appelée truite mouchetée n’est pas une truite, c’est, en fait, un omble.

Pour ne pas se tromper, il suffit d’utiliser le nom latin des espèces. Si on continue de prendre l’exemple de la truite mouchetée, son nom latin est Salvelinus fontinalis (omble de fontaine). Le nom latin des espèces est divisé comme suit : le premier mot représente son genre (ici, Salvelinus, correspond au genre des ombles) et le second précise son espèce (ici, fontinalis, indique donc qu’il s’agit d’un omble de fontaine).

Pour essayer d’être simple et concis, je vais traiter une par une les principales espèces de salmonidés que l’on retrouve au Québec ainsi que leurs grandes caractéristiques (migratrices ou sédentaires, types d’habitat).

– Les corégones regroupent deux espèces bien connues et indigènes au Québec : le grand corégone et le cisco de lac.

Le grand corégone (Coregonus clupeaformis) est une espèce d’eau douce majoritairement (espèce dulcicole). Cependant, certaines populations qui sont proches de l’océan sont également anadromes.

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Le cisco de lac (Coregonus artedi) est une espèce dulcicole qui affectionne particulièrement les lacs profond d’eau claire (en Estrie, on retrouve une belle population de cisco de lac dans le lac Massawippi).

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– Les ombles totalisent trois espèces connues et indigènes au Québec : l’omble de fontaine, le touladi et l’omble chevalier

L’omble de fontaine ou truite mouchetée (Salvelinus fontinalis) est une espèce d’eau douce qui affectionne plutôt les cours d’eau ou les lacs de tête à eau claire, froide et oxygénée. Sa faible résilience à la compétition interspécifique la cantonne souvent dans des habitats comportant peu d’espèces de poisson. Certaines populations (comme au Saguenay, par exemple) sont anadromes, elles sont alors appelées communément truite de mer.

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Le Touladi ou truite grise (Salvelinus namaycush) est une espèce d’eau douce qui se retrouve principalement dans les lacs profonds et froids. Cependant, dans le nord du Québec, il existe des populations que l’on retrouve en rivière. C’est une espèce strictement dulcicole à faible migration. Les frayères du Touladi se retrouvent généralement directement dans le lac.

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L’omble chevalier ou truite rouge ou omble arctique (Salvelinus alpinus) est une espèce exclusivement anadrome dont l’aire de répartition est majoritairement confinée aux zones arctiques et subarctiques. Cependant, il existe plusieurs populations dans des lacs profonds et froids plus au sud du Québec. Ce sont des populations résiduelles issues des populations anadromes qui se sont retrouvées emprisonnées dans les lacs lors du retrait des glaciers, il y a environ 12 000 ans.

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Attention, c’est là que ça se complique, on passe au genre saumon!!! À suivre dans la partie 2 !!!!

Écrit par :

Bruno Mayot
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Démystifier les mythes : Anadrome vs Catadrome

Anadrome et catadrome, c’est quoi ces bêtes là !!!! Je vais vous éclairer un peu plus : ce sont les synonymes de potamotoque et thalassotoque !! Ouf !! Ok, vous n’êtes pas plus renseigné !! En fait, ce sont des termes utilisés pour caractériser certaines espèces de poissons migrateurs qui passent du milieu aquatique marin (eau salée) au milieu aquatique d’eau douce (rivières et lacs). J’imagine que vous être tous capables de faire une recherche google avec ces mots clés et de trouver leur définition respective !! Mais voici les liens vers leurs définitions :

Anadrome ou potamotoque

Catadrome ou Thalassotoque

Les poissons anadromes ou potamotoques sont donc des poissons migrateurs qui vont naître et se reproduire en rivière. Les alevins vont croître jusqu’au une certaine taille avant d’opérer un changement métabolique qui va les pousser à migrer pour rejoindre le milieu marin. Ces « adolescents » vont se nourrir dans le milieu salin jusqu’à l’âge adulte. À maturité sexuelle, les adultes vont revenir en milieu d’eau douce pour se reproduire. L’exemple le plus connu d’espèces de poissons anadrome sont les espèces de saumon (saumon atlantique et les 5 espèces de saumons du pacifique), mais il existe plusieurs autres espèces potamotoques. Au Québec, on peut citer :

– le saumon atlantique (bien sûr),

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– l’alose savoureuse,

AS

– l’esturgeon noir,

EN

la truite de mer (qui est la version migratrice de la truite mouchetée ou omble de fontaine),

TMAna

– L’omble arctique (qui est la souche migratrice de l’omble chevalier).

OA

Les poissons catadromes ou thalassotoques sont aussi des poissons migrateurs. Le même processus s’opère mais, à l’inverse des poissons anadromes, ils naissent et se reproduisent en mer et rejoignent le milieu aquatique d’eau douce pour se nourrir jusqu’à l’état adulte et la maturité sexuelle qui les poussera à migrer en eau salée pour se reproduire. L’exemple le plus connu d’espèce de poisson catadrome est l’anguille d’Amérique. Au Québec, à ma connaissance, l’anguille d’Amérique est la seule et unique espèce catadrome.

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Je ne m’étendrai pas plus loin sur la migration des poissons car c’est un domaine beaucoup plus complexe que l’on pense avec de nombreuses variantes. La migration des poissons en général sera l’objet du prochain article de « Démystifier les mythes » !!!

Au plaisir et bonne pêche!

Bruno Mayot

Lomechuse guide de pêche aux salmonidés

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Démystifier les mythes : Les Lamproies

Lamproie est un terme vernaculaire pour désigner un groupe d’espèces : les pétromyzontidés. Ce sont des espèces primitives de vertébrés. Elles ne sont pas constituées d’os (arrêtes) mais de cartilage, elles n’ont pas mâchoires, ni d’écailles. Elles ont une grande gueule en forme de ventouse. Au Québec, il existe 4 espèces avec des aires de répartition distinctes. 2 espèces sont non parasites et 2 espèces sont parasites. Cependant, un de ces deux espèces parasites a étendu son aire de répartition jusqu’aux grands lacs à cause des introductions involontaires générées par les activités humaines. Cette espèce est considérée problématique car elle est présente en abondance et affecte fortement les poissons sportifs que l’on pêche dans divers plans d’eau tels que le fleuve Saint-Laurent et ses affluents. Il s’agit de la lamproie marine. Voici une brève description des 4 espèces présentes au Québec.

 

– La lamproie du nord :

LN

Espèce non parasite. La forme adulte ne se nourrit pas, elle se reproduit et meurt par la suite. C’est une espèce susceptible d’être désignée menacée ou vulnérable au Québec et au Canada, sa situation d’espèce en péril est considérée comme préoccupante depuis 1991. Les larves (nommées ammocètes) sont des proies de choix pour nos espèces de poissons sportifs.

http://www.mffp.gouv.qc.ca/publications/faune/rap_sit_lamproie.pdf

 

– La lamproie de l’est :

LE

Espèce non parasite. La forme adulte ne se nourrit pas, elle se reproduit et meurt par la suite. On possède peu d’information sur cette espèce au Québec bien qu’elle soit plutôt commune dans le sud du Québec. C’est une espèce très discrète. Les larves sont aussi très prisées par nos poissons sportifs.

 

– La lamproie argentée :

LA

Espèce parasite présente dans le sud-ouest du Québec, dans la rivière des Outaouais et dans le fleuve Saint-Laurent. Elle ne cause que peu de dommages aux poissons qu’elle parasite car elle est un hôte passif qui ne fait pas mourir son hôte. La population des grands lacs et du cours du fleuve Saint-Laurent est considérée à statut préoccupant depuis 2011.

http://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/species-especes/lamprey_silver-lamproie_argentee-fra.htm

 

– La lamproie marine :

LM

Espèce parasite d’eau salée et saumâtre. Elle a réussi a étendre son aire de répartition géographique jusqu’aux grands lacs et au lac Champlain où il existe maintenant une population d’eau douce bien implantée. Elle est considérée comme nuisible car elle s’attaque à de nombreuses espèces de poissons sportifs et de consommation et elle peut parasiter son hôte au point de le tuer. De nombreuses informations sur cette espèce et la lutte contre cette espèce sont disponibles via le lien suivant :

http://www.dfo-mpo.gc.ca/species-especes/lamprey-lamproie-fra.htm

 

Ainsi, les lamproies font parties de l’écosystème aquatique et de la chaîne alimentaire. Elles ont leur place et ne sont nullement problématiques. Même 2 des 4 espèces présentes au Qu.bec sont considérées comme des espèces relativement en danger. Seule la lamproie marine est une espèce considérée nuisible et plusieurs programmes de lutte contre cette espèce existent. Les pêcheurs auront souvent à faire avec cette espèce car elle affecte les poissons sportifs que nous pêchons mais cela ne veut pas dire que toutes les espèces de lamproie sont dangereuses ou nuisibles !!

 

Bruno Mayot

Lomechuse guide de pêche aux salmonidés

http://www.lomechuse.com

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